Ce texte qui est la reproduction d’une conférence donnée par le Professeur Ahmed Hulusi présente un intérêt double à la lecture.
De façon générale, il initie le lecteur à un mode de penser nouveau en matière théologique, qui fut introduit formellement pour la première fois par le Coran et l’enseignement prophétique. C’est autour du sens d’Allah que tourne toute compréhension qui cherche à atteindre la vérité. Allah n’est pas le dieu des Grecs, ni même le Dieu des religions « monothéistes » qui situent le Créateur dans un espace sidéral, bien au-dessus des hommes. Allah n’est pas un deus ex machina, un dieu intervenant dan le monde dans certaines circonstances, et s’y absentant le reste du temps. C’est la raison pour laquelle, il nous semble plus juste de Le nommer Allah et de rejeter les appellations qui prêtent à confusion, comme précisément celle de dieu ou Dieu...
L’Essence d’Allah est inconnaissable par les hommes. Seule leur est donnée la connaissance des noms d’Allah…
Par exemple, lorsqu’Allah se nomme dans le Coran, Tout-Puissant, Tout-miséricordieux, Très-Saint, etc., nous savons les sens des mots puissant, saint, miséricordieux. Nous savons ce que cela signifie en nous, et nous savons qu’en Allah, ces noms sont éternels, alors qu’en nous ils sont créés. A travers nous, ces noms sont donc présents au monde, ils sont manifestes. Ce qui revient à dire que toute chose est un signe d’Allah, que toute chose renvoie à Allah. Autrement dit, le monde est plein de la plénitude d’Allah, de l’infinité de Ses noms. Notre vie se déroule par Allah et en Allah et retourne à Allah.
Même si le savoir était à leur portée dès les premières révélations, les musulmans ne parviendront à constituer définitivement le « système » métaphysique qui caractérise leur foi, qu’avec Ibn ‘Arabî et son école de pensée. Ils avaient mis plusieurs siècles, avant de se sortir de l’insoluble opposition de la transcendance et de l’immanence, d’une Essence inconnaissable et d’un monde dans lequel Dieu serait présent mais… à bonne distance.
Allah ne se définit pas de façon linéaire. Il est à la fois immanent et transcendant. Il est le Premier et le Dernier. Il faut donc Le définir en prenant en compte les deux attributs : il est le Transcendant-Immanent.
Tout bien intentionnés qu’ils étaient, les ‘‘théologiens’’ musulmans ne pouvaient pas se dégager de la situation où ils s’étaient retrouvés en situant le débat au niveau de l’Essence, au lieu de comprendre que c’est la perspective humaine qui devait changer.
Ils se préoccupaient de garder l’Essence hors d’atteinte des jugements des hommes, d’en affirmer la transcendance.
Autrement dit, ils ne voyaient pas qu’au lieu de tenter vainement d’affirmer davantage la transcendance d’Allah, il valait mieux purifier l’homme. C’est l’homme qui a une capacité faible pour connaître Allah, c’est lui qui a besoin d’être débarrassé de ses nombreuses imperfections. C’est cette capacité qu’il fallait accroître, débarrasser de ses scories, la rendre plus perspicace.
Pour les penseurs soufis, qui sont les représentants authentiques de la tradition islamique, l’homme, créé à l’image du Miséricordieux, a reçu la connaissance des Noms. Pour y accéder, il doit se purifier, polir le miroir de son cœur afin que s’y reflètent la majesté et la beauté des Noms d’Allah. Cela s’effectue par les pratiques recommandées par le Coran et la tradition et qui se résument dans le Zikr, la pratique de la mention répétée d’un nom d’Allah, afin d’en réaliser la signification pleine, conformément à la capacité de chacun.
Le deuxième intérêt, est de voir comment un auteur tente de prendre en compte les progrès de la science moderne pour interpréter ou illustrer des thèmes et des débats anciens ou contemporains dans le domaine de la religion. C’est la dimension pédagogique du professeur Ahmed Hulusi.
Hulusi parvient à débattre de façon originale sur des points que beaucoup de « musulmans » croyaient à jamais clos. Il éclaire incidemment ceux des musulmans qui voudraient davantage d’explications sur les questions ‘’actuelles’’, comme celles du port du voile par les femmes, ou du turban par les hommes, de la pratique des rites, etc.
Même si la science a démontré que nous ne sommes pas au centre de l’univers, les hommes continuent d’agir comme si cela était le cas, à s’accrocher à leurs vieilles illusions. Parce qu’ils craignent de regarder les choses en face, d’avoir à supporter l’impensable, parce qu’ils redoutent ce qu’ils ignorent. Ils redoutent l’autre dimension…
J'ai mis a votre dispostion un volet de la première partie qui va etre completé et il reste la deuxième parite et j'ai mis a votre disposition le résumé afin de guidé le lectuer vers le sens essentiel de ce texte? bonne lecture mes frères et soeurs