السلام عليكم
إني لم أجد خلال البحث عن أسم الشيخ "أحمد العشماوي " و هو أحد من الماشاهير في علم الأنساب
هل لديكم أي معلومات عليه و شكرا
من مولاي يحي العلامي الإدريسي الحسني
Sur la recherche du Manuscrit de Kitab En-Nasab
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série, tome 9, 1908. pp. 660-666.
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Huguet J. Sur la recherche du Manuscrit de Kitab En-Nasab. In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris,
V° Série, tome 9, 1908. pp. 660-666.
doi : 10.3406/bmsap.1908.7082
http://www.persee.fr/web/revues/home...8_num_9_1_7082
660 1er OCTOBRE 1908
ment difficile et périlleuse que d'établir que les peupleï de l'Europe, au point de vue
de la langue, ne sont pas de provenance asiatique. J'ai rempli cette tâche, je crois
pouvoir l'affirmer. Et c'est maintenant seulement, et pour ceux qui auront pris con
naissance des faits exposés dans mon livre, que je pourrai rechercher et expliquer
d'une façon compréhensible, comment sont parvenus dans leurs résidences, pour y
constituer de puissantes unités linguistiques et politiques, 4es peuples qui ont accaparé
la domination du monde et font tour à- tour la gloire de l'histoire et l'inquiétude des
penseurs.
SUR LA RECHERCHE DU MANUSCRIT DU KITAB EN-NAS A B
et la traduction Giacobetti
Par J. Huguet
I
En 1907, je recevais une lettre datée d'Ouargla, émanant du P. Giacob
etti, qui m'écrivait : « J'ai publié l'année dernière une traduction du
Kitab en-Nasab établie sur un texte qui, paraît-il, vous appartiendrait. Js
vous serais reconnaissant de mêle faire savoir... » Le manque de temps seul
m'a obligé à retarder jusqu'à ce jour l'apport de quelques détails intéressants
sur le Kitab en-Nasab, les circonstances de sa découverte, et enfin sur la
traduction qui a été entreprise par un des plus compétents arabisants des
missionnaires d'Afrique.
Parlons d'abord de l'ouvrage : Le Kitab en-Nasab comprend deux parties,
l'une due à Ahmed-ben-Mohammed Achmawi (page 1 à 89 de la traduction
Giaco betti,) autre rédigée par Abd-el-Salem Ben Tayeb. D'Achmawi en con
naissait divers fragments en manuscrits disséminés ; de Ben Tayeb a paru
une édition à Fez, en 1678.
Le manuscrit complet des deux Ktoub réunis a été publié en édition
autographiée à Fez, en 1891, sous le titre suivant : u Ckadjarat el Achrafua
maden el Djoud iv'al Inçaf. » Une copie manuscrite de cette édition a été
établie, en juillet 1895, pour un lettré, Si Mohammed ben el Mekki, ancien
cadi de Bou Saâda et de Ghardaia, retiré à Laghouat.
Je donne ci-après des éclaircissements inédits, et je les dispose dans une
colonne spéciale pour compléter ou rectifier les données fournies par le
P. Giacobetti, dans son avant propos.
J. HUGUET. SUR LA RECHERCHE DU MANUSCRIT DU KITAB tN-NASAB 661
Renseignements Giacobetti :
Le manuscrit que nous avons traduit
fait partie de la bibliothèque des Pères
Blancs, à Maison Carrée.
Il a été copié sur un exemplaire appar
tenant à Sidi Mohammed Ben El Mekki.
Son nom figure en tête de l'ouvrage.
Nous avons pu collationner ce manusc
ritav ec le nôtre.
Le manuscrit original arabe a été
transcrit, il y a très peu d'années, à
Ghardaïa, d'après une copie provenant,
assurait-on, du Gourara.
Compléments bectificatifs Huguet :
Ce manuscrit, rapporté de Ghardaïa
par le Dr Huguet, en 1899, a été prè|é
par lui, en 19ul, à un missionnaire, le
P. Wa d.w.l e qui, atteint d'uwe frac
ture de la colonne vertébrale (pi ise sous
un effondrement de foggara), était en
traitement dans le service du professeur
agrégé Curtillet, à l'hôpital civil d'Alger.
Rappelé à l'improviste à Paris, Huguet
n'a pas eu le loisir de revoir le mission
naireà qui il avait prêté ce Kitab; plus
tard, malgré des recherches faites, on
n'a pu retrouver le manuscrit.
Cette copie a été faite en juillet 1897,
à Laghouat, pour moi. sur la demande
de Si Mohammed ben Embarek, khodja
du bureau arabe de Ghardaïa, et pendant
son congé annuel. Mohammed Embarek
qui, pendant longtemps, m'a rendu de
très gros services tant au point de vue
traduction qu'en ce qui concernait la re
cherche de documents indigènes, m'avait
signalé comme existant notamment chez
son ami, le cadi kl Mekki, deux docu
ments d'un haut intérêt :
1° La Chadjara (généalogie) des Béni
Laghouat que je possède et qui n'est pas
encore traduite;
2' Le Kitab en-Nasab dont il est ques
tion ici.
Je remerciai vivement Mohammed Em
barek quand il me procura ces deux man
uscrits. J'avais tenu à faire rechercher
le Kitab en-Nasab, surtout parce que
j'avais entendu des lettrés dire qu'il y
avait une légende intéressante de la fon
dation de Fez On pourra tire plus loin
la page relative à cet événement.
Le manuscrit d'El Mekki et celui qui a
servi au P. Giacobetti devaient néces
sairement être identiques, puisque le
second a été copié directement sur le
premier.
Cette interprétation du P. Giacobetti
doit être rectifiée ainsi qu'il suit :
La transcription a été effectuée à Lagheuat
pour le D1 Huguet, sur le manusc
ritd 'El Mekki, sous la direction du
662 ltr octobiu 1908
khodja Mohammed Embarek, pir un co
piste Gourarien II est intéressant de
rappeler que, dans les régions saha
riennes, divers tolba originaires de
Gourara ^e sont fait une certaine réputa
tion, tant comme transcripteurs de ma
nuscrils que comme maîlres d'école no
mades, pour enseigner aux enfants saha
riens aisés des grandes tribus la lecture
du Qoran et la copie des versets fonda
mentaux
Ces tolba ont une façon un peu spé
ciale d'écrire et d'enluminer leurs ma
nuscrits, ce qui permet de reconnaître
la manière dun scribe gourarien, de
même que les connaisseurs peuvent, à la
seule inspection, dire si un livre vient
des imprimeries de Fas (Fez), Masr (Le
Caire), Mekka (La Mecque)
Le manuscrit copié par le sciibe gou
rarien de Laghouat devait, quelques s
emaines plus lard, être rapporté a Ghardaia
et remis enfin au Dr Huguet, par le
khodja Mohammtd Ben Embarek
La traduction établie à El Abiod Sidi Cheikh, et revue à Ouargla par le
P. Giacobetti est venue à son heure. Depuis quelques années, les étudesmarocaines
ont pris auprès des orientalistes une importance très grande
Le Kitab En-Nasab a droit à une place des plus honorables à côté desrelations
déjà connues et traduites d'Ibn Khaldoun , Edrisi, Djciiaoui, etc
II
Ahmed ben-Achmawi, auteur de la relation qui constitue la première par
tie du Kitab En-Nasab, définit lui même son ouvrage
« Ceci est le livre des chaînes complètes et pures, il a été écrit pour déter
miner avec sûreté la viaie généalogie. On y a réuni les fleurs admirables et
les chaînes pures. Je l'ai composée en taisant un choix dans la généalogie
des nobles et dans les livres excellents. »
Dans cette généalogie, sont successivement biographies Moh'ammed, lcspremicrs
califes, Ah et sa postérité, Idns et ses douze enfants, les descendants
d'Idris, Sidi-Abd cl Kader-Djilani et ses entants, la postérité de Yahya Ben
Abd-Allah-Kamel, les descendants de Zeyn-el-Abidin, les descendants de
Mohammed Ben-Allal.
lit 'il 1 1 — SUU LV lltCHhnCHL D>^ MWIsClIT UL' IvITVB EN-NVSVB 663
TONDVTION DE FE/5
La légende de la fondation de Fe/ se trouve relatée dans la notice d'Idris II •
Idris II avait déjà appris les sciences avant d'être parvenu à sa majorité.
Il ordonna de constiuire la ville blanche'(Beid'a) et Dieu lui vint en aide
selon la parole du Prophète, lors de son voyage nocturne et à la vue d'un
«ndroit blanc et resplendissant : « 0 Gabriel, mon ami, dit-il, quel est cet
endroit blanc qui brille à l'Occident? — C'est, répondit-il, une ville qui sera
bâtie par ton peuple aux dernicis temps ; elle s'appellera Fez, et sera la
source de la science, laquelle sortira des coeurs de ses habitants, comme
l'eau coulera de ses deux quai tiers ».
Lorsque Idris entreprit de construire la ville, il y a\ait en ce lieu une
«paisse forêt, nommée la forêt du Jeune-Homme. Elle était habitée par
un jeune homme du nom d' « Alou », qui était voleur des grands chemins.
Ce nom fut donné à un endroit qui s'appelle la source d'Alou et qui est situé
•dans la cité. Lorsqu'il arriva dans cette foret et qu'il vit l'Oued-Sâis, Idris
conçut des craintes pour sa future ville. Il se rendit chez Sidi-Omaira pour
le consulter « Je viens, dit-il, mettre le feu à la lorôt du Jeune Homme,
mais j'ai peur de l'Oued-Sâis ». Le saint homme lui répondit : « Donne-moi
1 assurance qu'aucun hôte de Dieu ne souffrira la faim dans cette ville, et
moi jo la garantirai contre l'Oued-Sâis ». Idrîs en fit la promesse, et, s'étant
icndu à la forêt, envoya dire par les crieurs publics : « II n'y a de divinité
que Dieu et Moh'ammed est l'envoyé de Dieu ; ô animaux qui habitez cette
lorèt, sortez-en, car je veux y mettre le feu ; celui qui sera resté m pourra
laire de reproches qu'à lui-même ». Les grenouilles répondirent « Nous
aimons mieux laisser brûler nos corps, que de quitter nos demeures ». Le
narrateur ajoute • « Tous les animaux sortirent ; mais les grenouilles res
tèrent et furent brûlées, et elles furent enterrées dans leurs demeures comme
elles l'avaient dit ». Le jeune homme sortit et fut tué.
De sa main noble et bénie Idris se mit à creuser les fondements. Ayant donné
un premier coup, un second et un troisième, il trouva dans la terre une
pioche en argent ; elle avait trois pans de long et deux pans de large. C'est
pouiquoi il appela la ville Fez (Fâs).
Vie d'E\-N\cek
Un des plus illustres descendants, de Mohammed Ben-Allal devait être
En Naçer dont l'existence fut particulièrement édifiante.
Le narrateur a dit : II habita d'abord l'Extrème-Ouest (Maroc) et fut le
chet du pays de Sedjlmâsa pendant quatre ans. C'était un homme riche. Il
lisait le K'orân et était. versé dans toutes les sciences ; il surpassa tous les
savants et tous les hommes de bien.
Science et ouvrages de Sidi e\-Nacer; Sa puissance : prodige du b\tox.
— Il composa plusieurs ou\ rages. Parmi eux il y a un livre, utile à trans
crire, dont la lecture est très profitable et qui renferme des choses très
664 1«* OCTOBRE 1908
importantes à connaître; les hommes intelligents et les hommes de bien ont
beaucoup de peine à le comprendre, II a pour titre : Kitâb en-Nawâlih'fi
t'alb el-Djawarih'.
Il écrivit un autre ouvrage sur ta voie de la religion extérieure 1. Il lui
donna pour titre :
II se rendit célèbre dans l'art d'administrer ses sujets. Il entra aussi dans
la réunion des chefs des mystiques.
On raconte que se trouvant un jour avec ses amis, il vit arriver un homme
très savant et grand poète. Celui-ci le questionna sur le sens de douze cent
versets. Il les expliqua tous jusqu'au dernier sans aucune hésitation. Le
savant, plein d'admiration, revint une autre fois et lui demanda l'explication
de neuf cent versets du Coran ; il l'interrogea également sur le sens de cinq
cent versets. En Nacer répondit à toutes ces questions. Le savant et poète dit
alors: « Jamais, parmi les rois anciens ou modernes, je n'ai rencontré de roi
aussi savant que En-Nacer ben Abd er-Rah'man. » Alors Sidî en-Nacer,
prenant mille dinars, les donna à ce savant poète; une autre version dit qu'il
lui en donna dix mille.
On raconte aussi que, se trouvant un jour avec les maîtres de la science
(savants docteurs), il fut interrogé par eux sur sept mille versets, sur le hadîth
(tradition) et sur trois cent autres versets, jusqu'à ce qu'ils ne trouvèrent plus
rien à lui demander. Il répondit à tout, et aucun d'eux ne pouvait lui
répondre.
Il leur dit alors : a 0 maîtres de la science, lorsqu'on donne pour chef à
un peuple un homme qui ignore les lois du Qorân, qui ne sait pas expli
quer le hadîth, qui n'est pas pieux et détaché du monde, le peuple qu'il
commande marche à sa ruine ; car les tribus ne doivent être commandées que
par un serviteur de Dieu. » II ajouta ; « 0 maîtres de la science, si un chef
ne combat pas la religion des infidèles en faveur de la religion de l'Islam,
jusqu'à ce que les infidèles quittent leur infidélité pour l'Islam, ce chef ne
mérite pas de commander. »
II dit aussi : « 0 maîtres de la science, si vous mettez à la tête d'un peuple
un chef qui ne connaît pas les lois du Qorân, qui ne sait pas expliquer la
tradition, qui n'est point pieux et dévot, ce peuple périra. Mais s'il reçoit
pour chef un homme pris dans les tribus (ignorant), possédant toutefois cet
état de piété, si le peuple lui obéit Dieu les protégera tous, dans ce monde
et dans l'autre. Sinon ils périront, à cause de la malédiction qu'il leur
enverra. »
La promptitude avec laquelle En-Nacer avait répondu à tout, mit dans l'a
dmiration tous ceux qui se trouvaient à cette réunion, les savants et les autres.
On raconte à son sujet, qu'un jour il sortit de sa maison pour se rendre au
tribunal, tenant à la main un bâton de bambou. En levant le pied, il leva en
1 La religion de l'extérieur, c'est-à-dire qui consiste dans le culte extérieur, ou bien
qui consiste à suivre le sens extérieur des paroles du Qorân ; comme le fait l'école des
Z'aheris. C'est dans ce dernier sens qu'il faut comprendre le titre de cet ouvrage.
J. HUGUET. SUR LV RECHERCHE DU MANUSCRIT DU KITAB EN-XASAB 665
même temps son bâton et regarda vers le ciel. Or, à ce moment son bâton
monta au ciel et traversa les sept cieux. 11 dit en lui-même en s'humiliant
devant Dieu : « Voilà que le bâton a traversé les sept cieux, lui qui n'a pas
prié, n'a pas jeûné et n'a pas proDoncé de formule dans une langue comme
la nôtre. » Et il ajouta : a Ceci est un prodige. » II ne prononça ces paroles
que pour exprimer l'étonnement dans lequel l'avait jeté l'élévation prodi
gieuse de ce bâton dans le ciel, où il entrait comme s'il était un homme
comme nous. Il dit ensuite :
« 0 prodige, et comment moi-même pourrais-je m'approcher de lui et fe
rejoindre, tant que je serai dans cet état? »
III
Abd-el-Salem Ben ïayeb, consacre son Kitab aux descendants de Sidi Abdel-
Kader Djilani. à la vie de Si Abd-el-Kader Djilani, à la postérité d'Ali,
aux douze enfants d'Idris et aux ancêtres de l'auteur.
Je rappelle ci-aprôs les passages où sont définies les trois catégories de
Ghorla, et les diverses fractions de Chorfa à Fez.
TROIS CATÉGORIES DE NOBLES.
Les nobles forment trois catégories. La première comprend ceux dont
l'origine a toujours été connue publiquement, qui n'ont jamais émigré, et qui
ont une histoire connue en tout temps.
La deuxième comprend ceux qui ont émigré du pays où ils étaient connus
de tous, et dont l'origine est restée connue du public, à cause des hommes
qui les accompagnaient et qui les ont fait connaître, ou à cause d'actes légaux
qu'ils avaient en leur possession.
La troisième comprend ceux, qui, venus d'un pays étranger, ne peuvent
prouver l'authenticité de leur origine, mais dont l'assertion n'est combattue
par aucun contradicteur. La valeur de cette catégorie repose sur la foi que
l'on a dans ce qu'ils affirment, et sur l'absence de contradiction. On les
honore officiellement dans les réunions publiques, et l'on ne peut, dans son
for intérieur, contester leur origine, faute d'une preuve contraire qui y
autorise.
A la deuxième catégorie on peut en rattacher une autre, ce qui porte le
nombre des catégories à quatre. Elle comprend ceux qui ont entre les mains
des preuves de leur origine, mais dans le pays d'où ils ont émigré, on ne la
reconnaissait pas publiquement. Ces actes ne suffisent pas à donner une
preuve certaine de leur noblesse, si d'autres ne viennent s'y ajouter, pour
confirmer la vérité. On ne sait donc si l'on doit les classer dans la première
catégorie ou en former une quatrième. Il s'emble qu'on devrait plutôt les
compter à part, malgré l'acte qui témoigne de leur origine noble.
TROIS FRACTIONS DE CHORFA A FEZ.
Des nobles qui habitaient Fez et qui l'habitent encore, il subsiste à notre
666 lev ocroBRE 1908
époque trois tractions, toutes 'ssues des plus illustres Chorfa de Fez et dont
la noblesse n'est contestée de personne.
La première fraction est celle desCalivytes lesquels descendent des H'osevnites.
Ils sont originaires de Caghîla (Sicile) et ils mentionnent ce pays dans
leur généalogie. Ils ont habité l'Andalousie; une de leurs iractions est à
Sabta (Geuta).
La deuxième fraction est celle des Debbâghiytes, lesquels habitent aux
sources de Fez (Oyoûn) des Karouiyytes; ils sont issus de H'assanîtcs
Edrîsîtes. Ayant quitté le pays d'Andalousie, ils se rendirent à Sala (Salé),
d'où ils allèrent àFe/. Ils n'exerçaient pas le métier de tanneurs, bien qu'on
leur applique ce surnom Debbâghiytes. Ce nom leur lut donné sans doute
à raison de ce que j'ai vu dans l'un de leurs diplômes, qu'un certain prince
frappa d'un impôt ceux d'entre eux qui habitaient une tannerie dans la ville
de Sala.
La troisième fraction est la nôtre, je veux dire celle des Kâdnyytes, ainsi
nommés de Sidi Abd-el-K'âder el-Djilâni. Cette origine nous a valu le nom
que nous avons porté jnsqu'à ce jour; et nous n'avons reçu aucune autre
appellation, ni aucun autre surnom; et peut-on a\oir un nom plus beau, un
meilleur surnom, un père plus illustre ? Que Dieu exauce l'espoir que nous
mettons en Lui à cause de son intercession, qu'il nous compte parmi ceux
qui conservent son amour et piatiqucnt sa Loi. Ce nom que 1 on nous a
donné prouve notre origine en rappelant lo souvenir de notre illustre ancêtre,
je veux dire, Sidi'Abd-el Kâder.
IV
Je no puis mieux laiie, pour terminer ces intéressantes citations, que de
rappeler les conclusions do Abd el-Salam Ben Tayeb
Voici ce que dit, dans laBahdja, le cheykh Noûr od-Din ech Chat'noûfi, et
le cheykh Emîr ed-Din el Hâchmi parle dans le môme sens, dans la Nozha
« S'il tallait énumérer tous les hommes illustres auxquels se rattachent soit
« leurs descendants, soit d'autres, qui ont reçu leur doctrine et suivi leurs
« leçons, on en trouverait une multitude innombrable, et il serait impossible
a de parler de tous, l'encre terait détaut et la main serait impuissante à tout
« écrire; l'espace à parcourir serait trop grand et l'on ne pouirait jamais
« terminer ce travail1. »
1 Je tiens à remercier ici le P Gidcobetti de la bonne traduction dont les éru
dits seront heureux de profiter. Publiée d'abord dans la « Revue Africa'ne )), tlle a
paru ensuite en volume chez Jourdan, à Alger.
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